Les chiffres relatifs à l'emploi des personnes handicapées sont éloquents. D'après l'APFA, qui forme près de 13000 personnes handicapées par an :
- 50% d'entre eux ont plus de 50 ans. Ils sont donc susceptibles de faire l'objet d'une double discrimination à l'embauche, malgré l'instauration d'une obligation d'emploi pour les employeurs ;
- Le taux d'emploi des personnes handicapées est inférieur aux 6 % requis par la loi (secteur privé 4,2 %, secteur public et fonction publique d'Etat 3,6 %, fonction publique territoriale 3,8% et secteur hospitalier 3,76 % - sources APFA) ;
- Avec un taux de 20 % en 2007, le chômage des personnes handicapées reste très supérieur à celui de l'ensemble de la population ;
- 45% sont inscrits depuis plus d'un an à Pôle Emploi ;
- 83 % des personnes handicapées ont une qualification inférieure ou égale au BEP. L'insertion professionnelle des publics les plus fragiles et l'accompagnement des actifs tout au long de leur vie professionnelle pour favoriser leur reconversion, leur maintien ou leur évolution dans l'emploi sont les deux socles fondamentaux de l'action de l'AFPA.
L'AFPA est un organisme majeur d'insertion dans l'emploi par la formation qualifiante. Il accueille tous les publics. Il a contribué à la mise en œuvre du programme ESPERE, (Engagement des Services Publics de l'Emploi pour Restaurer l'Egalité) projet européen dédié à la prévention des discriminations pour les intermédiaires publics de l'emploi.
Chaque année, l'AFPA accueille près de 13 000 personnes handicapées dans ses campus de formation. Le taux de réussite à la certification est plutôt remarquable, 91,5%, ce qui permet à plus de ¾ des stagiaires d'obtenir un titre professionnel complet. Près de 60%, continue l'APFA, ont accédé à un emploi dans les 6 mois suivant leur qualification.
Mais il reste encore des obstacles majeurs. Si les entreprises qui s'engagent sont de plus en plus nombreuses - et le font savoir chaque année en novembre - il en reste encore beaucoup trop (plus de 20%) qui n'embauchent aucune personne handicapée. Et pour les autres, le quota de 6% est loin d'être acquis. Beaucoup de salariés potentiels ne connaissent pas leurs droits en matière d'aménagement du poste de travail, et ne possèdent pas tous les arguments nécessaires pour convaincre. Le handicap de la méconnaissance s'ajoute au handicap en soi.

Le chemin est encore long, vers l'égalité. Mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras. Un jour, un jour peut-être, nous parviendrons au même niveau que les pays scandinaves, où il n'existe aucune discrimination, de l'école au poste de travail. Mais d'ici là, nous avons encore beaucoup de travail à faire ensemble ! .